Silence

??????????

le 07/11/2005 à 19h56

Voici ce que j'ai marqué en réponse à un article de Blackstorm sur les violences actuelles... C'est un commentaire tellement long que je le remets là, pour ceux qui auront le courage de le lire... Pour moi, c'est très important, quand j'y pense ça m'interroge sur la nature de l'homme...

Je pense que ce n'est pas à ceux de la troisième génération des immigrés de se révolter contre nous pour ce que nos grands-parents ont fait à leurs grands-parents. C'est auprès de leurs grands-parents qu'il faut qu'on s'excuse. Et mine de rien, ils pourraient comprendre que c'est dur pour nous d'accepter la honte de notre passé. Parce que moi j'ai honte quand je pense à notre passé colonisateur ! J'ai honte de mon propre pays !
Mais là j'ai honte de l'Homme, avec un grand H... L'être humain qui s'en prend à ses semblables, qui hurle à la nationalité alors qu'il est fait de la même chair, du même sang que ceux qui ont une autre "nationalité", qui nous accuse de racisme sans savoir comment on serait vraiment si on était réellement racistes...
Et j'ai honte de l'homme au sens mâle, qui opprime une femme parce qu'un jour, à la place d'un spermatozoïde masculin, c'est un spermatozoïde avec un X qui a fécondé un ovule... Ils feraient bien de se souvenir que peut-être, 1/4 de seconde plus tard, eux aussi auraient été une femme... Ils feraient bien de se souvenir que nous, les femmes, n'avons rien d'honteux, rien d'inférieur à eux...
Et qu'est-ce que ça fait, à votre avis, d'être né d'un être inférieur ??? Car en opprimant leurs femmes, c'est leurs mères qu'ils oppriment... Il est beau, l'homme. Il opprime sa mère, celle qui lui a donné la vie, et ne l'opprime pas en réponse. Un jour quelqu'un a dit "Dieu a donné les larmes à la femme". Il a donné la brutalité à l'homme...
On ne s'en prend pas aux enfants... On ne s'en prend pas aux pompiers... Ils sauvent des vies. S'ils n'en veulent pas ils n'ont qu'à s'en débarrasser sans emmener les autres avec eux, les innocents (hum... là je pense aux kamikazes qui vivent pour tuer).
Et là je vais dire un truc politiquement incorrect : les gens qui disent que la France c'est de la merde, ils prouvent qu'ils n'ont pas envie d'être Français. S'ils critiquent le lieu où ils sont, c'est qu'ils voudraient être ailleurs. Moi je dis qu'on devrait prévoir la déchéance de la nationalité française pour ceux qui viennent foutre la merde là ou pourtant ils pourraient nous aider à faire avancer les choses. Si nous nous prenions la main, tous, au lieu de résonner en terme de communauté, on n'aurait plus besoin de se taper dessus, et on apprendrait enfin à vivre sans la crainte les uns des autres...
Qu'est-ce que la haine des autres ??? Q'est-ce qu'un Européen qui hait un Africain ou un Africain qui hait un Européen ??? C'est un homme qui a peur d'un autre homme...

Je sais que ce que j'ai dit ne peut pas plaire à tout le monde... Mais je sais aussi autre chose : c'est désolant de haïr un être vivant comme soi-même, de vouloir le voir pleurer et de rire quand il pleure.

Emeutes

le 07/11/2005 à 17h41

Je ne sais pas ce que vous pensez des violences urbaines. Moi, j'en pense ce qui peut se résumer à cela :


Quelles que soient les revendications des émeutiers :


- on ne s'attaque pas à des pompiers ou à des ambulanciers. Par définitifion, ILS AIDENT, et les émeutiers seraient les premiers à beugler si ceux qu'ils ont attaqués hier refusaient de les soigner demain. Des gens chargés de sauver des vies, on les laisse travailler ! Pour moi, ils sont intouchables car leur cause n'a rien à voir avec celle qu'ils défendent !


- on ne s'attaque pas à des écoles. Même s'ils ont des choses à critiquer dans le système scolaire français, en définitive, ce n'est pas tant contre lui qu'ils font preuve de violence, que contre des ENFANTS. Le plus grand crime, pour moi, est de s'attaquer à un enfant. Qu'est-ce que leurs parents peuvent leur dire ? "Non, tu ne vas pas à l'école aujourd'hui, elle a brûlé". Est-ce qu'il en faut plus pour terrifier un enfant ? Comment peut-on s'en prendre à des innocents qui pourraient être leurs petits frères, leurs petites soeurs ??? et plus tard, leurs propres enfants ?? Que diraient-ils si les non immigrés s'en prenaient à leurs enfants ???



Comment pouvons-nous encore croire que leur violence est en rapport avec la cause qu'ils défendent, lorsque pour cela ils attaquent des pompiers ou des ambulanciers chargés de sauver des vies, qui n'avaient aucun rapport avec les émeutes, ou s'attaquent à des écoles dans lesquelles presque chaque jour, il y a des enfants ?? Que diront-ils si un jour ils ont besoin des pompiers ? "Je t'ai attaqué hier. C'est pas grave, t'es un pigeon. Soigne-moi aujourd'hui." Tend l'autre joue, peut-être ???

Et j'ai également une autre question : quel est l'idiot qui a inventé les cités ??? Il me semble que personne n'a envie de vivre dans des immeubles affreux de trente étages, avec des appartements tous semblables... Quand on vient dans un pays, généralement, c'est pour faire connaissance avec les gens qui y vivent, pas pour rester replié sur soi... Pourquoi n'a-t-on pas fait en sorte que les prix restent abordables pour tout le monde, dans tous les quartiers de toutes les villes ?? C'est pourtant connu (tous les profs d'ES le diront ^^ ) que quand le cadre de vie est agréable, eh bien cela contribue au bien-être...


 

Le Bar de l'Ombre bleue -14

le 01/11/2005 à 15h26

Dans la semaine qui suivit, je rencontrai Etta, l’amie de Brittania que je n’avais pas encore vue. Elle était très secouée par la mort de Jack, de même que Hope que je revis également. Quant à Clarence, il était à peu près dans le même état que Cameron – il pensait qu’il serait le prochain. Je lui demandai de venir au Bar de l’Ombre bleue, le samedi d’après. Il blêmit.


« Je ne suis pas fou, dit-il d’une voix étouffée. Si c’est pour finir dans l’Hudson, ça ne m’intéresse pas !
- J’essaie d’empêcher cela, justement, répondis-je. Je vous demande juste de m’aider – je vous surveillerai… Cameron a accepté.
- Cameron a vingt-et-un ans et pense qu’il est trop jeune pour mourir ! Moi, j’en ai trente-trois et j’ai bien l’intention de rester vivant !
- Je ne peux pas vous blâmer pour cela… Mais réfléchissez, Clarence : ils sont trois à être morts, et il ne reste que vous et Cameron… Que vous ne veniez pas samedi au Bar de l’Ombre bleue ne vous empêchera pas de vous noyer tout de même, si quelqu’un veut que vous vous noyiez…
- Mais… bégaya-t-il, stupéfait.
- Peut-être vaudrait-il mieux se débarrasser tout de suite de cette histoire », complétai-je en essayant de ne pas me maudire intérieurement.


Comme Clarence me le fit remarquer, j’en parlai si facilement car je n’étais concerné que de loin… Si les morts étaient de l’entourage de Brittania Hoborn, je n’en faisais pas partie, et ne craignais donc rien…


« D’accord ! fit-il, exaspéré. Mais si je meurs, vous l’aurez sur la conscience, et je compte bien revenir d’enfer pour vous hanter !
- Pensez-vous aller en enfer ?
- Je commence à me dire que c’est là qu’on essaie de m’envoyer, en tout cas ! »


Cette affaire réglée, je passai les jours qui suivirent à déambuler dans New York – mais le cœur n’y était pas… Carmen m’accompagnait – professeur, elle était en vacances. Elle essayait bien de me changer les idées, et elle y arrivait, mais globalement, j’étais morose. Cette histoire me préoccupait, et j’étais anxieux à l’idée de provoquer la mort de Cameron ou de Clarence, rien que par mon désir d’élucider cette affaire… Je me demandais aussi pourquoi la police ne s’en mêlait pas. Il flottait un parfum d’anormal sur cette affaire – parfum qui me mettait vraiment mal à l’aise. Enfin, avec trois morts et une disparition, il devenait difficile de soutenir la thèse de l’accident ; il aurait pu y avoir des inspecteurs sur cette affaire !


« Tu es si sombre… me disait parfois Carmen. Souris, ce n’est pas samedi !
- Même ! répondis-je une fois en soupirant. Je m’inquiète pour samedi !
- Ecoute, me dit-elle alors : amuse-toi toute la semaine, et ne redeviens sérieux que samedi. Samedi, il y aura une mort à éviter. Pour l’instant, tu ne peux rien faire ! »


Je décidai de la prendre au mot, et m’y efforçai de mon mieux.
Enfin, arriva samedi.


Toute la journée, je fus d’une nervosité à fleur de peau, incapable de rester en place. Carmen tenta de m’emmener au restaurant ; je n’avais pas faim et boudai les plats. Elle voulut me faire visiter la ville ; je lui fis parcourir tout Manhattan, même Harlem, puis encore deux autres quartiers, en une heure et demie – autant dire qu’elle était épuisée et désillusionnée. Finalement, on rentra à l’hôtel et on y resta jusqu’à onze heures du soir. Au quart, j’avais donné rendez-vous à Cameron et Clarence devant le Bar de l’Ombre bleue.


Par rapport au samedi précédent, j’eus l’impression que la fumée était plus dense, comme si la vapeur était alourdie d’effluves plus précises, destinées à endormir les sens des visiteurs…


C’était le même barman que la dernière fois, un jeune homme bronzé à la chevelure noire, qui s’occupait silencieusement de ses tâches, s’affairant derrière le bar, remplissant des verres et les amenant à ses clients. La musique était forte, mélange de techno et de métal, et je vis la sueur briller sur les corps des danseurs. Il y avait encore plus de monde que le jour de la mort de Jack.

intermède politique

le 26/10/2005 à 20h10

Aujourd'hui je vais parler du sujet qui fâche : la politique.


Je ne sais pas vous, mais moi, dans ma famille on finit toujours par se disputer. Ça ne va pas jusq'à l'engueulade pure et simple, mais y a des tensions comme on dit ^^


Donc :



Trouvez-vous normal que les sénateurs disent que le Président du Sénat est gâteux ????? Savez-vous pourquoi ils le disent???


Ils veulent le remplacer par Raffarin ce n'est pas normal !!!!


Si on n'a pas voulu de Raffarin comme 1er ministre (et ils ont mis du temps à finir par le virer) on n'en veut pas comme président de rechange!!!!!!!


Car Chirac a bien l'intention de se re-re-présenter en 2007. Il a eu une attaque cérébral, on ne veut plus de lui, mais il s'en fiche !!!!!!!!!!!!!! Il veut le pouvoir !!!!!!!!! Après lui le déluge !!!!!!!!!!!


Ce n'est pas normal que le président méprise autant les gens qui l'élisent. Ce n'est pas normal qu'il ne soit pas responsable de ses actes devant la chambre. Ce n'est pas normal que le président se comporte plus ou moins comme un mineur!!!


Le président du Sénat n'a pas intérêt à démissionner sous prétexte que Chirac veut placer ses alliés aux postes clés!!!! Ce n'est déjà pas démocratique que Raffarin soit retourné au Sénat alors que politiquement il aurait dû être fini !!!


A partir du moment où nous, les électeurs, nous ne voulons pas d'un homme politique, la décence et le respect de la démocratie voudrait qu'il s'en aille. En gros : cassez-vous !!!!!


Chirac ne présentera Villepin que s'il n'a aucun autre moyen pour contrer Sarkozy... Mais ce n'est pas le seul sujet qui montre à quel point la politique en France est pitoyable et non respectueuse de la démocratie.


Jospin. En 2002 il a annoncé qu'il se retirait de la vie politique. Et là, là, on a bien l'intention de nous préparer à une nouvelle présidentielle Chirac-Jospin!!!


Est-il normal que nous ayons vieilli 5 ans pour retrouver ces vieux ?????


Quand on dit qu'on se retire de la vie politique, on se retire. Je n'irai certainement pas voter ni pour Chirac, ni pour Jospin, ni pour aucun candidat tellement je les trouve nuls. Mais rien que ce manque de parole, ça m'empêcherait de donner ma voix à Jospin.


S'il trahit cette promesse-là, il ne tiendra pas les promesses faites en campagne électorale. Vous me direz, ça ne nous changerait pas... Aucun homme politique ne les tient plus.


N'oublions pas non plus que quand il y a eu une Chirac-Jospin, il y a eu aussi Le Pen... On pourrait ptet éviter??????


Troisième raison de, non pas grogner dans son coin, mais hurler de rage : le quinquénnat !!!


L'idée n'est sans doute pas mauvaise. SAUF QUE c'est devenu, en gros, cela :


3 années pour former un gouvernement (nul, bien sûr, des fois qu'on arriverait à faire quelque chose de la France)


2 années pour préparer les prochaines élections présidentielles.


MESSIEURS LES HOMMES POLITIQUES, pouvez-nous nous dire QUAND vous prenez la peine de diriger EN NOTRE NOM NOTRE pays ??? N'oubliez pas que vous êtes temporels, mais que quand vous ne serez plus là, votre trace dans l'histoire ne sera pas forcément brillante... Et en tout cas, j'espère qu'elle ne le sera pas car vous êtes à mettre à la poubelle!!!!


Si le quinquénnat conduit à cela, je vois une solution radicale : interdire la rééligibilité. Je pense que ça serait très bien. D'autant plus qu'on n'a pas envie de les revoir, ces hommes politiques. Un renouveau du corps politique nous ferait le plus grand bien !!!!


Je crois aussi que la responsabilité du président, comme je l'ai dit, devrait être instaurée... Pas la peine de "sauvegarder les apparences" tout le monde sait que Chirac a trempé dans des affaires louches.


Et au fait, n'êtes-vous pas d'accord avec moi que les hommes politiques, loin de relever le prestige de la France à l'étranger et à l'intérieur, creusent sa tombe ??? Je pense qu'on devrait laisser tomber la diplomatie étrangère - personne ne s'en soucierait. Nous devrions redresser l'économie. Un pays qui est puissant économiquement et militairement l'est diplomatiquement. On ne nous rirait plus au nez, on ne nous empêcherait plus de vendre notre champagne aux USA (entre nous, on peut très bien le boire nous-mêmes ^^ )


Bon donc j'ai fini ma gueulante. Je crois. Je voudrais juste que la vie politique française soit plus intéressante et moins déprimante...


Ah et au fait, en cours d'histoire j'ai appris des trucs très intéressants hihi :


En 1848 ainsi que vous le savez sans doute, a eu lieu la révolution qui a renversé Louis-Philippe et mis en place la Deuxième République... Auparavant il y avait eu quelques affaires intéressantes avec la Chambre des Pairs... Et la même année avec tout ça hihi


deux des Pairs ont été accusé d'avoir trempé dans des affaires de corruption


un autre Pair a tué sa femme


un quatrième Pair s'est suicidé


et un dernier a tenté de tuer ses enfants dans une crise de folie


Résultat : le peuple français commençait à douter sérieusement de l'aptitude de ses dirigeants à diriger, et de la supériorité des Pairs !!!


Avouez que c'était tout de même plus intéressant avant... Parce que le divorce de Sarkozy, eh ben... On s'en fout...


Bon donc voilà j'ai fini mon "intermède" merci de m'avoir lue et j'espère ne pas trop vous avoir choquée lol

Adieu

le 18/10/2005 à 22h09

Tant de temps a passé, tant de poussière tombée


Nos mémoires se brouillent, nos souvenirs envolés


Que seule ta plainte vienne les ranimer


Du fond de ta nuit, j'entends ton cri indigné



Il y a longtemps que je ne suis pas venue


Je sais que tu m'attendais depuis le début


Ta plainte déchire un être exténué, perdu


Qui n'aspire à rien d'autre qu'à ta présence bienvenue



Tant de temps a passé, tu nous as tous maudits


Aucun n'a oublié cette nuit, dominant tout ce cri


Le sang versé, mélangé à nos larmes de mépris


Le temps suspendu qui abroge toute vie.



J'aspire à un repos bienheureux


Je veux juste reposer la tête vers les cieux


Noyer mon regard dans la flamme de tes yeux


Ma vie, pour le prix d'un adieu.


Silence

Le Bar de l'Ombre bleue -13

le 12/10/2005 à 19h57

« Eh bien, susurrai-je, raison de plus pour réfléchir, Cameron… Sauver ta peau!
- Comment ? Je ne sais même pas si je suis visé, je ne sais même pas d’où viendra le danger… »


Soudain il se leva avec emportement, frappa violemment du poing sur la table, manquant renverser son verre vide.


« C’est absurde ! cria-t-il. Ça ne veut rien dire ! Regarde ça ! »


Il engloba d’un large geste du bras tout le bar, et je ne compris que lorsqu’il parla qu’il montrait également tout le reste de la ville – du monde.


« Regarde nos petites vies inutiles, toujours pareilles, nos emplois bancals, nos amours sans lendemain, nos horizons bouchés ! Ça veut dire quoi, ce qui arrive maintenant ? Pourquoi est-ce que ça arrive ? Ça sert à quoi ? Est-ce que tu peux m’expliquer par quelle invention tordue ces trois gars ont été noyés, où est ma sœur – et ce qu’on fait à se creuser les méninges pour essayer de trouver une solution ? Une solution qui nous renverra à nos existences futiles ! »


Devant notre mutisme stupéfait, à Carmen et à moi, il retomba sur sa chaise, les joues sillonnées de larmes.


« Finalement, ça sert à quoi de chercher une cause à la mort de ces trois-là ? Ils seraient morts de toute manière, dans soixante-dix ans ils n’auraient plus été là ! Ça sert à quoi de se préoccuper du sort de ceux qui nous entourent, sachant qu’un jour où l’autre, tous nos efforts n’auront servi à rien, que tout le monde les oubliera, qu’on mourra et que personne ne se souviendra de nous – et d’ailleurs, ça n’a aucune importance ! »


Il enfouit son visage dans ses mains, et je regardai Carmen, incapable de trouver une repartie qui ne parût pas affectée.


« Je ne sais pas, dis-je finalement. Mais rien que pour nous, j’imagine que ça vaut la peine… On se sent mieux quand on est heureux.
- Quand on est mort, on ne sent rien du tout, dit-il d’un ton malheureux. Est-ce que ça ne vaut pas mieux ?
- Eh bien, même si la mort vaut mieux que la vie, repris-je doucement, tant qu’on est vivant, autant vivre le plus confortablement possible…
- Mais justement ! Tu y arrives, toi ? Ton travail te plaît ? Je parie que tu te lèves à des heures impossibles, que tu rentres dix fois trop tard, que tu es trop crevé pour faire quoi que ce soit de tes week-ends, et au final, quel est l’avantage ? Tu reçois un salaire misérable qui ne te permet pas de faire quoi que ce soit ! »


J’allais répondre, quand il reprit, la voix presque implorante, à présent :


« Sais-tu pourquoi la France reçoit des capitaux, des investissements étrangers ? Les politiques ont beau nous assurer qu’on est trop payés, nos salaires sont tellement bas, tellement risibles par rapport aux autres pays européens que ça devient rentable de venir s’installer chez nous ! C’est pitoyable… Les politiques ne savent pas quoi inventer pour faire leur pub !
- Quel est le rapport avec ta sœur ? demandai-je, perplexe.
- Ça me déprime… murmura-t-il, complètement anéanti, soudain. Tout ça me déprime…
- En somme, tu as l’alcool triste, dis-je. Il n’empêche qu’il faut trouver une solution. Voyons… Quels sont les points communs entre les différents morts ?
- Jay Clander a été retrouvé assez proche de l’océan, dit Cameron d’un ton maussade. Will a été recherché dès qu’il a été porté disparu ; aussi, il a été repêché beaucoup plus proche du Bar de l’Ombre bleu.
- Et Jack ?
- Assez proche aussi. Sinon, ils ont tous les mêmes caractéristiques. Aucune trace de violence, juste noyés.
- Comment sait-on qu’ils sont disparus à partir du Bar de l’Ombre bleue ?
- Parce que le barman l’a dit... Ils étaient là le soir de leur disparition.
- Ça s’est passé chaque samedi soir, dis-je pensivement. Depuis trois semaines, chaque samedi soir il y a un nouveau mort…
- Donc samedi prochain, il devrait y en avoir un nouveau », intervint Carmen, complétant ma pensée.


Je ne pus m’empêcher de frissonner, et je vis Cameron faire de même.


« Samedi, il faut demander à Clarence de venir ici, dis-je malgré tout, et je ne perdrai aucun de vous deux de vue.
- Je ne veux pas… bégaya-t-il d’une voix étranglée, les yeux écarquillés par la peur.
- Je ne vous perdrai pas de vue, répétai-je en avançant légèrement la main. Tu n’as rien à craindre, Cameron. Justement, le but est d’empêcher un nouveau mort.
- Oh, mon dieu », gémit-il.


Mais il ne refusa pas.

Profession de foi de l'ange déchu

le 04/10/2005 à 20h11
Tu m’appeleras ange maléfique dès que tu parleras de moi
Tu me condamneras en ton cœur et jamais ne me pardonneras
La voie que j’ai choisie et qui m’oppose à toi
Homme supérieur, homme puissant contrôlé par mon roi…

Je suis ce que tu nommes un ange déchu
Il y a très longtemps, j’ai choisi de m’opposer à mon maître
J’ai replié mes ailes blanches pour un sourire d’une femme nue
J’ai abandonné l’esprit et je me suis consacré à l’être.

La présence que tu vénères, devant qui tu te prosternes
A qui tu demandes de l’aide dès que le Mal te cerne
A d’abord vécu idôlatrée par des légions d’anges blancs
N’a jamais accepté que nous lui préférions un corps languissant.

Je suis ce que tu nommes un ange mauvais
Tu crains pour la vie de tes filles et de tes sœurs
Tu penses que je les corromprai et les perdrai
Tu les surveilles et leur fais supporter tes peurs…

Je n’ai jamais voulu cela, je n’ai jamais pensé ainsi
Aurais-je pu savoir que des chaînes changeraient ma vie ?
Lorsque je me suis posé sur la terre et que j’ai replié mes ailes
Je ne savais pas combien les filles des hommes étaient belles.

Je suis ce que tu nommes un ange noir
J’ai troqué l’amour de mon maître contre l’enchantement d’un rire
J’ai troqué le lys de mes ailes contre la couleur sombre du pouvoir
Jamais mon maître ne nous a pardonné de lui avoir préféré un sourire.

Dans le cœur de l’homme il a distillé la haine
Il lui a fait craindre que sa fille n’éprouve aucune peine
Il lui a fait craindre le souffle de l’aile de l’ange noir
Maintenant l’homme rugit et marque son territoire…

Je suis ce que tu nommes un ange gardien
Je protège l’existence de celles que j’ai faites reines
J’étends mes ailes au-dessus de celles qui en ont besoin
Mon maître est le dieu des hommes, et nous luttons contre sa haine.
Silence

Mon rêve

le 01/10/2005 à 13h33

Dans mon rêve je marche sur une terre dévastée...

Des trous profonds et des fumées sombres m'environnent

Je ne connais plus d'autres souvenirs que cette morne contrée

Où rien n'existe hormis ces vapeurs qui m'empoisonnent...


As-tu dit un jour que tu connaissais un endroit chaud ?

Ce pays-là me paraît correspondre à tes visions

Voudrais-tu m'y remplacer si tu le trouves beau ?

Je me contenterais de cette terre où nous vivons...


Tous les cauchemars qui me hantent

Je te les raconterai pour que tu les connaisses

Donne-moi cette immobilité dont l'idée seule me tente

Plonge-moi dans cette torpeur pour que mes rêves disparaissent.


Des trous et des congères peuplent mes rêves

Désires-tu m'accompagner dans cette morne contrée ?

Remplace-moi afin que je vive et que je me lève

Toi tu peux te défendre contre cette terre dévastée.


Ma vie est suspendue sur cette vision glauque

Regarde autour de toi, ces fumerolles sombres

Ces volutes de fumée crachée dans une toux rauque

Ces vapeurs au fond desquelles s'aperçoivent tant d'ombres...


Ce rêve et ces visions qui me possèdent

Explique-les moi pour qu'enfin ils cessent

As-tu dit qu'il faudra bien que je leur cède ?

Donne-moi juste une nuit pour que mes rêves disparaissent.

Silence

...

le 01/10/2005 à 13h25

C'est passionnant les DST de culture générale!!!!!!!!!!


que pensez-vous du sujet? "dire non" ???


perso j'ai pas réussi à noircir les 6 pages (1 page double plus 1 simple) demandées par la prof... et à la place g écrit un poème  pas très réussi...

Le Bar de l'Ombre bleue -12

le 30/09/2005 à 17h14
« Un troisième décès, dis-je. Pareil que les deux autres. Noyé dans l’Hudson.
- Oh, quelle horreur ! fit-elle. C’est le garçon, Cameron, qui téléphonait ?
- Oui… »
Je m’arrêtai de nouveau, et me tournai en face d’elle.
« Cameron est le frère de la fille disparue, qu’on n’a pas retrouvée, dis-je sombrement. Il est venu à New York pour la chercher.
- Et toi ? demanda-t-elle, les yeux agrandis de curiosité.
- Moi… Elle était mannequin, et j’ai une amie qui travaille dans l’agence d’où elle venait. Elle m’a demandé de la rechercher…
- Mais ton métier, c’est quoi ?
- Photographe.
- Ah », fit-elle, l’air étonné.
Je conçois qu’elle se soit demandé pourquoi on avait demandé à un photographe de se charger de l’affaire – et je me posais aussi la question, à présent. Ça n’avait pas l’air d’être de mon ressort.
Mon portable sonna de nouveau, et Cameron me demanda de le rejoindre au Bar de l’Ombre bleue. Carmen m’y mena.
Le frère de Brittania Hoborn était assis, seul, à la même table que la veille. Il avait un énorme verre de bière posé devant lui, et il le fixait, le teint très pâle. Il ne paraissait pas totalement remis de l’ivresse de la veille, et je me demandai si c’était une très bonne idée de boire à nouveau. Quand je lui posai la question, il leva un regard hagard vers moi.
« Je m’en fiche, dit-il d’une voix épaisse. J’ai vingt-et-un ans, je récupérerai… Et même si je ne récupère pas, ce n’est pas grave. »
Je m’assis, surpris par cette fatalité.
« C’est la mort de Jack qui te met dans cet état ? demandai-je.
- Il était là, hier, dit-il, l’élocution un peu incertaine. Il était au Bar et on ne l’a pas vu…
- Ni toi, ni moi ne l’avions rencontré », dis-je.
Il me jeta un regard, les pupilles dilatées, et s’empara de son verre pour avaler une énorme gorgée. Je le regardai en fronçant les sourcils, et Carmen intervint pour prendre doucement la coupe qu’il avait reposée.
« Après ce que nous avons bu hier, dit-elle, ce n’est pas bon de boire autant, tout de suite… Surtout que ce qu’il vous faut, pour l’instant, c’est réfléchir… Alors, amenez-lui de l’eau ! »
Cette dernière phrase s’adressait à la jeune femme derrière le bar, qui s’exécuta et emporta la bière. Cameron n’avait pas réagi, et regarda d’un air stupide l’eau devant lui.
« Bois, le pressai-je doucement.
- Et si c’est elle qui a fait ça ? interrogea-t-il brusquement, sans m’écouter. Si c’est Brittania ? »
J’échangeai un regard avec Carmen.
« Si c’est elle, il faut faire cesser cela, dis-je. Mais rien ne prouve que c’est elle. Pourquoi tuerait-elle ses amis ?
- Jay, Will, Jack… C’est vrai, répondit-il sans conviction, et il aspira tout son verre d’un seul coup. Mais on ne sait rien d’elle, finalement. Ce qui lui est arrivé pendant qu’elle était ici, à New York, avant de disparaître… On n’en sait rien. Et moi, ça fait un sacré bout de temps que je ne la connais plus.
- Cameron, ne t’inquiète pas pour cela, insistai-je. Pense à toi d’abord. Ce n’est pas une raison pour te soûler à tout bout de champ.
- Et si j’en ai envie ?
- Eh bien, pense que ce n’est pas bon pour ton organisme.
- Tu ne disais pas la même chose, hier soir ! Tu te les envoyais, tes verres de bière ! »
Je levai les yeux au ciel, commandai un second verre d’eau pour lui remettre les idées en place.
« Peut-être, mais aujourd’hui je cuve tranquillement ma bière, expliquai-je patiemment. Pour ma part, j’ai suffisamment mal à la tête comme cela, merci bien… Je ne comprends pas comment tu peux avoir envie de recommencer aussi vite !
- Et si j’en ai envie ?
- Tu l’as déjà dit… Est-ce que tu ne penses pas que le mieux, ce serait de réfléchir ?
- A quoi ça va servir ? ricana-t-il en regardant de nouveau son verre d’eau. Ils sont morts ! En quoi est-ce que ça va les aider qu’on fasse marcher notre matière grise ?
- Ça peut sauver les vivants ! s’écria Carmen en fronçant les sourcils.
- Les vivants ! croassa-t-il. Il n’en reste pratiquement plus ! Il y a Clarence, et c’est tout ! »
Il pâlit soudain, et vida nerveusement son verre. Ses mains tremblaient, et ses dents s’entrechoquèrent contre le bord du verre.
« Non, corrigea-t-il en fuyant nos regards. Parmi son entourage masculin, il reste moi, aussi. »
Je haussai un sourcil. Je n’avais pas pensé à cela. Seuls étaient morts ses amis hommes. Et parmi les hommes dont elle était proche, il restait Clarence – et Cameron…

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation